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Devenir manager : passer du « faire » au « faire faire »

Lorsqu’un collaborateur devient manager, la promotion est souvent vécue comme une reconnaissance de son expertise et de son engagement. Dans beaucoup d’entreprises, ce sont en effet les meilleurs opérationnels qui accèdent à des responsabilités managériales. Pourtant, cette évolution implique un changement profond de posture.


Le cœur du rôle ne consiste plus à produire soi-même, mais à organiser le travail pour que l’équipe produise efficacement. Autrement dit, le passage du faire au faire faire.


Ce basculement paraît simple en théorie. Dans la réalité, il constitue l’une des transitions les plus délicates dans une carrière professionnelle.


Devenir manager, un changement majeur dans la nature du travail


Avant de devenir manager, la valeur d’un collaborateur repose essentiellement sur sa contribution directe : la qualité de son travail, sa technicité, sa capacité à résoudre des problèmes. Son expertise opérationnelle est visible et immédiatement mesurable.


Avec la prise de fonction managériale, cette logique change. La contribution ne se situe plus dans l’exécution, mais dans l’organisation du travail collectif. Le manager doit répartir les missions, structurer les priorités, coordonner les ressources et suivre les résultats.


Il reste responsable du résultat final, mais ce résultat ne dépend plus uniquement de lui. Il dépend désormais de la capacité de l’équipe à produire ensemble.


Ce déplacement peut être déstabilisant. Beaucoup de nouveaux managers ont le sentiment de perdre leur repère principal : l’action directe. Là où ils pouvaient auparavant intervenir eux-mêmes pour corriger ou améliorer une situation, ils doivent désormais passer par les autres. Leur rôle consiste moins à faire mieux qu’à permettre aux autres de bien faire.


Ce que ce changement implique pour le manager


Passer du faire au faire faire demande un véritable ajustement intérieur.


Le premier consiste à accepter de ne plus être celui qui maîtrise tout dans le détail. Un manager continue bien sûr à s’appuyer sur son expertise, mais il doit progressivement renoncer à l’idée que tout doit être réalisé exactement comme lui l’aurait fait. Ce passage suppose souvent de faire le deuil d’une certaine forme de perfection technique.

La tentation est forte de reprendre la main lorsque le travail n’avance pas assez vite ou lorsqu’il ne correspond pas aux standards attendus. Pourtant, intervenir systématiquement empêche les collaborateurs de développer leur autonomie et renforce la dépendance vis-à-vis du manager.


Le second ajustement concerne la nature même du travail quotidien. Là où l’ancien rôle était centré sur l’activité, le rôle de manager se tourne vers l’humain : clarifier les attentes, donner du feedback, accompagner la progression des collaborateurs, gérer les tensions ou les incompréhensions.

Autrement dit, le cœur du métier se déplace vers la relation et la coordination.

Ce changement demande de développer de nouvelles compétences : écouter, expliquer, arbitrer, soutenir, parfois recadrer. Il implique également de prendre du recul pour piloter l’activité plutôt que d’être absorbé par l’exécution.


une équipe d'aviron rame ensemble
Maanger, c'est coordonner l'équipe

Le risque lorsque ce passage ne se fait pas


Lorsque la transition vers le « faire faire » n’est pas pleinement réalisée, plusieurs difficultés apparaissent progressivement.


Le premier risque est celui du manager débordé. En continuant à porter une grande partie de la production lui-même, il cumule deux rôles : celui d’expert opérationnel et celui de responsable d’équipe. À terme, la charge devient difficilement soutenable.


Le deuxième risque concerne l’équipe. Si le manager intervient trop souvent dans l’exécution, les collaborateurs peuvent se sentir peu responsabilisés ou insuffisamment reconnus dans leurs compétences. L’initiative diminue et l’autonomie reste limitée. Le désengagement peu suivre, avec ses acolytes le turn-over et l’absentéisme…


Enfin, l’entreprise se prive d’un levier de performance important. Le rôle du management est précisément d’augmenter la capacité collective de production. Lorsque le manager reste principalement dans le « faire », l’organisation repose trop fortement sur une seule personne.


Les bénéfices d’un « faire faire » bien installé


Lorsque le manager parvient à opérer ce changement de posture, les bénéfices apparaissent rapidement.


Pour le manager lui-même, la charge devient plus soutenable et plus stratégique. Il peut se concentrer sur l’organisation du travail, l’anticipation des besoins et le développement de son équipe plutôt que sur la résolution permanente de problèmes opérationnels.


Pour les collaborateurs, la répartition claire des responsabilités renforce la confiance et l’autonomie. Chacun peut développer ses compétences et prendre une place plus active dans le fonctionnement de l’équipe.


Pour l’entreprise enfin, le collectif gagne en fluidité et en efficacité. Le travail ne dépend plus d’une seule expertise centrale, mais d’une organisation capable de mobiliser les compétences de chacun.

 

 

Le passage du « faire » au « faire faire » n’est donc pas une simple évolution de tâches. C’est une transformation de posture qui permet au manager de devenir un véritable levier de performance collective.

 

Si votre entreprise confie des responsabilités managériales à de nouveaux managers, cette transition mérite souvent d’être accompagnée. Un manager qui comprend clairement son rôle et qui dispose des bons repères managériaux permet à l’équipe de trouver plus rapidement son équilibre et sa performance. CLM Coaching accompagne les managers en prévision ou lors de leur prise de poste.

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