top of page

Le courage managérial : inconfortable et indispensable

Le courage managérial est souvent évoqué… et pourtant rarement travaillé. Beaucoup de managers savent ce qu’il faudrait faire ou dire, mais hésitent, repoussent, contournent. Non pas par manque de compétences, mais par peur : peur du conflit, peur de se tromper, peur d’être impopulaire.

Et si on remettait les choses à plat ? Le courage managérial n’est ni un trait de caractère, ni une posture héroïque. C’est une responsabilité liée à la fonction, et surtout une posture qui se travaille.

 

Ce que n’est pas le courage managérial

Commençons par lever un malentendu.

Être courageux en tant que manager, ce n’est pas être dur, ni :

  • imposer sans écouter,

  • décider seul par autorité,

  • ignorer les émotions ou les résistances.

Le courage managérial, c’est agir malgré l’inconfort, pas malgré les personnes.C’est accepter de traverser une zone de tension pour servir l’équipe, le collectif et la mission.

Autrement dit : ce n’est pas l’absence de doute ou de peur.C’est la capacité à ne pas laisser la peur décider à sa place.

 

Qu’est-ce que le courage managérial ?


Oser dire les choses, même quand c’est difficile


Première expression du courage managérial : la parole juste.

Dire les choses, c’est par exemple :

  • donner un feedback difficile mais nécessaire,

  • nommer un dysfonctionnement dans l’équipe,

  • recadrer un comportement problématique,

  • clarifier ce qui ne fonctionne plus.


C’est aussi reconnaitre les choses qui vont bien, les actions méritantes et les qualités. Pour certaines personnes, dire ce qui va est aussi difficile. Cela s’accompagne de la peur d’être redevable envers les personnes que l’on reconnait.


Beaucoup de managers évitent ces discussions en espérant que “ça va s’arranger tout seul”. En réalité, ce qui n’est pas dit s’installe, se déforme et finit par coûter beaucoup plus cher.


Oui, une discussion difficile est inconfortable. Mais le non-dit l’est encore plus… sur la durée.


Dans mon expérience de Responsable Ressources Humaines, j’ai vu un manager en rupture totale avec un de ses collaborateurs parce qu’il en avait assez de son incompétence ou de son comportement. Sauf que la personne en question n’avait pas conscience de ce que le manager lui reprochait car cela ne lui avait pas été clairement dit (ou en tous cas elle pouvait se cacher derrière cette excuse). En ne disant pas clairement à son collaborateur ce qui n’allait pas, le manager le privait de la possibilité de s’améliorer et de se développer. Quel gâchis !


Le courage managérial consiste à choisir l’inconfort à court terme pour éviter les dégâts à long terme.

 

Oser trancher, même si c’est impopulaire


Deuxième aspect du courage managérial : en manageant, on est forcément amené à prendre des décisions qui ne plaisent pas à tout le monde :

-        faire respecter le cadre

-        arbitrer entre deux solutions

-        choisir entre deux personnes


Non, le manager ne peut pas plaire à tout le monde. Cependant, il gagnera le respect en restant aligné avec ses propres valeurs et celles de l’entreprise, en étant juste et équitable. Et cela demande vraiment du courage.

 

Oser décider, même sans toutes les informations


Troisième pilier du courage managérial : la décision.

Un manager décide rarement avec 100 % des informations.Attendre la certitude absolue, c’est souvent retarder une décision nécessaire, voire laisser la situation se dégrader, ou finir par décider sous contrainte.


Le courage managérial, ce n’est pas décider à l’aveugle.C’est :

  • analyser ce qui est disponible,

  • accepter une part d’incertitude,

  • trancher,

  • et assumer la décision, y compris en cas d’erreur.


Décider, c’est prendre le risque de se tromper.Ne pas décider, c’est prendre le risque de laisser les autres subir.

 

Oser assumer ses responsabilités


Le manager courageux ne cherche pas d’excuses, de coupables ou de boucs émissaires. Dire “j’ai décidé” ou “je me suis trompé” est un acte de leadership fort.

 

Oser faire face aux conflits


Vous êtes manager et sentez une tension poindre au sein de votre équipe ? Surtout ne la laisser pas s’installer par peur de “faire des vagues”. Un conflit traité tôt permet souvent d’éviter des dysfonctionnements plus graves.

 

Oser dire non et poser des limites


Dire non à une demande irréaliste, à une pression contraire aux valeurs, ou à un compromis dangereux demande du courage. Pourtant, c’est ce qui protège le cadre et la crédibilité du manager.

 

un homme qui saute d'une falaise à l'autre
Le courage de franchir le pas

Pourquoi le courage managérial est bénéfique


Être un manager courageux n’est pas un sacrifice. C’est un investissement.


D’abord pour soi, pour rester aligné avec ses valeurs, réduire la charge mentale liée aux non-dits, et retrouver un sentiment de justesse et de cohérence.


Ensuite pour l’équipe, qui bénéficiera de règles claires, d’attentes explicites, et d’un climat de sécurité psychologique.


Un manager courageux donne un signal fort : “On peut parler vrai ici.” Il donne ainsi l’autorisation aux membres de l’équipe de s’exprimer et d’assumer leurs responsabilités. Le courage est contagieux. Un manager qui ose autorise les autres à oser.


Enfin pour l’organisation car les les décisions seront prises au bon moment, il y aura moins de jeux politiques, et il y aura plus de confiance, y compris de la hiérarchie.

 

Adoptez le courage managérial et dites stop :

  • aux non-dits qui empoisonnent le quotidien,

  • aux tensions larvées qui minent les équipes,

  • à la perte de crédibilité du manager,

  • aux décisions subies plutôt que choisies,

  • à l’usure mentale et au désengagement progressif.

Le manque de courage n’explose pas toujours. Il use, lentement, silencieusement.

 

En conclusion

Le courage managérial n’est pas une posture naturelle ou innée. C’est une compétence qui se travaille, pas à pas, situation après situation.

Il ne s’agit pas d’être parfait, ni de ne jamais douter. Il s’agit d’oser agir quand ce serait plus confortable d’éviter.

Car au fond, le courage managérial n’est pas un risque à prendre. C’est ce qui permet, durablement, de tenir son rôle de manager.

 

Commentaires


bottom of page